En bref : sur l’ensemble de notre réseau de campings insolites, la saison camping 2026 se stabilise au niveau national après un début d’année compliqué, mais cette moyenne cache d’importants écarts locaux. Le plus marquant : la Gironde recule nettement sur les trois derniers mois, une conséquence directe des incendies de l’été autour du bassin d’Arcachon et du Cap Ferret. Le vrai bilan officiel de la saison (INSEE) n’est attendu que le 19 novembre 2026 : voici ce que disent les indicateurs disponibles aujourd’hui.
Selon le baromètre mensuel Septeo Hospitality, le cumul des réservations de la saison (d’octobre 2025 à fin juin 2026) affichait une évolution de 0 % en volume comme en chiffre d’affaires par rapport à la même période l’an dernier. Ce chiffre marque un vrai redressement : la saison était encore à -4 % fin mars.
Le mois de juin 2026 pris isolément est même ressorti positif : +2 % de réservations et +5 % de chiffre d’affaires par rapport à juin 2025. Le panier moyen d’un séjour en hébergement locatif s’établit à 1 033 € (+0,8 %), celui d’un emplacement nu à 326 € (-1 %).
Côté clientèle, rien de nouveau : le camping en France reste une affaire très largement française (72,4 % des séjours), l’Allemagne restant le premier marché étranger (7,9 %), devant les Pays-Bas (6,4 %) et la Belgique (4 %).
Ce 0 % national est une moyenne, pas une réalité uniforme. Les données de marché eSeason (agrégat de réservations sur les campings clients de la plateforme, hors notre propre établissement), sur les 90 derniers jours au 3 septembre 2026, montrent une France du camping à deux vitesses :
Il n’y a pas de lecture simple par façade maritime : la Gironde (Atlantique) est le département le plus en difficulté de cet échantillon, quand les Landes, juste à côté, progressent. Même chose en Méditerranée : l’Hérault tient bien quand les Alpes-Maritimes décrochent. La saison 2026 se joue département par département, et une bonne partie de l’explication tient en un mot : le feu.
Le recul de la Gironde n’est pas un mystère statistique. Le 22 juillet 2026, un incendie s’est déclaré à Saumos et s’est propagé sur le massif forestier entre le bassin d’Arcachon et la presqu’île du Cap Ferret. Le bilan a été lourd : environ 42 000 hectares brûlés côté Gironde, jusqu’à 220 000 people évacuées au plus fort de l’événement, dont 36 000 sur la seule presqu’île du Cap Ferret. Les campings de Lacanau, évacués par précaution, n’ont rouvert que progressivement une fois l’incendie fixé, début août.
Un second départ de feu, distinct, a touché Biscarrosse (Landes) le 23 juillet. Beaucoup plus limité (environ 3 500 hectares) et maîtrisé en une semaine, il explique pourquoi les Landes n’ont pas connu le même recul que leur voisine girondine malgré une actualité tout aussi anxiogène au même moment.
Sur la Côte d’Azur, le Var a connu ses propres incendies cet été : un feu à Correns et Montfort-sur-Argens début août (environ 1 250 hectares, 1 300 pompiers mobilisés), puis un départ de feu provoqué par la foudre à Ginasservis le 14 août. Des surfaces sans commune mesure avec la Gironde, ce qui correspond assez bien à l’écart observé entre les deux départements (-6 % contre -16 %). Pour les Alpes-Maritimes en revanche, dont le recul est le deuxième plus marqué de notre échantillon, nous n’avons trouvé aucun événement climatique de cette ampleur : l’écart y reste, à ce stade, inexpliqué.
Deux conseils très concrets ressortent de ces chiffres. D’abord, si vous visiez la Gironde ou le bassin d’Arcachon, vérifiez systématiquement la disponibilité et l’état du camping avant de réserver : certains établissements ont rouvert, d’autres ont pu perdre des hébergements ou des espaces boisés qui faisaient leur charme. Ensuite, les destinations qui progressent cette année (Landes, Vendée) ont mécaniquement plus de disponibilités et une pression sur les prix plus faible que les années précédentes, un bon point pour qui cherche un hébergement insolite de dernière minute. Justement, si vous cherchez où partir, direction notre guide que voir et faire en Ardèche, un département qui ne fait pas partie des zones touchées cette saison.
Un point de méthode important : l’INSEE, seule source officielle et exhaustive sur la fréquentation des campings en France, ne publie ses chiffres du troisième trimestre (juillet-août-septembre, le cœur de la saison) que le 19 novembre 2026. Tout ce qui circule avant cette date, y compris dans cet article, repose sur des indicateurs professionnels précoces (réservations, pas fréquentation réelle), utiles pour prendre le pouls de la saison mais pas pour en tirer un bilan définitif. Nous reviendrons sur le sujet dès la publication des chiffres INSEE.
Ni franchement bonne ni franchement mauvaise à l’échelle nationale : le cumul de la saison est stable par rapport à 2025 (évolution de 0 %), après un début d’année plus compliqué. La réalité change beaucoup selon les départements.
Principalement à cause de l’incendie de Saumos, déclenché le 22 juillet 2026, qui a brûlé environ 42 000 hectares entre le bassin d’Arcachon et le Cap Ferret et entraîné l’évacuation de 220 000 people, dont des campings à Lacanau.
L’INSEE publie ses statistiques officielles de fréquentation des campings pour le troisième trimestre le 19 novembre 2026. C’est la seule source qui couvrira l’intégralité de la haute saison.